Section 338 du Tariff Act : les tarifs de Trump contestés en justice, quelles conséquences pour l'automobile au Canada ?
Une nouvelle bataille judiciaire aux États-Unis pourrait avoir des répercussions sur les relations commerciales avec le Canada. Le 20 octobre 2026, une entreprise américaine a engagé une procédure pour contester les droits de douane de 50 % imposés sur certains produits canadiens. Au cœur du litige : la Section 338 du Tariff Act de 1930, une disposition rarement utilisée. Alors que les tensions commerciales continuent de peser sur l'industrie automobile nord-américaine, une question se pose : ce recours pourrait-il influencer le prix des voitures au Canada ?
Section 338 Tariff Act Challenge : pourquoi les tarifs américains sont-ils contestés ?
Le 20 octobre 2026, l'entreprise américaine Gellert Global Group, spécialisée dans l'importation de produits alimentaires, a déposé une plainte devant la Cour américaine du commerce international.
L'entreprise conteste l'utilisation de la Section 338 du Tariff Act de 1930 par l'administration de Donald Trump pour imposer des droits de douane de 50 % sur certains produits provenant du Canada.
Selon les plaignants, le gouvernement américain aurait dépassé les pouvoirs que lui accorde la législation en utilisant cette disposition pour instaurer de nouvelles barrières commerciales.
Cette procédure pourrait avoir des conséquences dépassant largement le secteur alimentaire. Les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada concernent également l'industrie automobile, l'un des secteurs les plus intégrés économiquement en Amérique du Nord.
Pour les constructeurs automobiles, les équipementiers et les consommateurs canadiens, l'évolution de cette affaire représente donc un sujet important à surveiller.
Qu'est-ce que la Section 338 du Tariff Act de 1930 ?
La Section 338 fait partie du Tariff Act de 1930, une loi américaine également connue sous le nom de Smoot-Hawley Tariff Act.
Cette disposition autorise le président des États-Unis, sous certaines conditions, à imposer des droits de douane supplémentaires pouvant atteindre 50 % sur les importations provenant de pays considérés comme appliquant des pratiques commerciales discriminatoires envers les États-Unis.
En 2026, l'administration Trump a invoqué cette disposition dans le cadre de son différend commercial avec le Canada.
Washington reproche notamment au gouvernement canadien certaines pratiques concernant l'accès au marché de produits américains, dont les automobiles.
De son côté, Ottawa défend ses mesures commerciales comme des réponses aux restrictions américaines.
Le recours judiciaire pose ainsi une question essentielle : une loi adoptée il y a près d'un siècle peut-elle encore justifier des sanctions commerciales aussi importantes dans le contexte économique actuel ?
La réponse dépendra de l'interprétation des tribunaux américains.
Pourquoi l'industrie automobile canadienne est-elle concernée ?
L'industrie automobile est l'un des piliers des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis.
Depuis plusieurs décennies, les deux pays ont développé des chaînes de production étroitement liées. Une voiture assemblée au Canada peut intégrer des moteurs, des composants électroniques ou des pièces fabriqués aux États-Unis ou au Mexique.
Certaines pièces automobiles traversent même plusieurs fois les frontières avant leur installation définitive dans un véhicule.
Des constructeurs comme Ford, General Motors, Stellantis, Toyota et Honda dépendent de cette organisation industrielle nord-américaine.
L'instauration de nouveaux tarifs douaniers complique potentiellement ces échanges.
Lorsque les importations deviennent plus coûteuses, les entreprises doivent adapter leurs stratégies : absorber les frais supplémentaires, modifier leurs fournisseurs, réorganiser leur production ou augmenter certains prix.
Même lorsqu'une mesure tarifaire ne vise pas directement une automobile, elle peut contribuer à dégrader le climat commercial dans lequel évoluent les constructeurs.
C'est pourquoi la contestation de la Section 338 suscite un intérêt particulier dans le contexte des relations économiques entre Ottawa et Washington.
Droits de douane automobiles : attention à ne pas confondre Section 338 et Section 232
Un élément important doit être précisé : les droits de douane américains visant l'automobile ne reposent pas tous sur la Section 338.
Les États-Unis ont également adopté des droits sectoriels de 25 % sur certaines automobiles et certains camions importés, en s'appuyant sur la Section 232 du Trade Expansion Act de 1962.
Ces mesures possèdent leur propre fondement juridique.
Des dispositions particulières s'appliquent notamment aux véhicules respectant les exigences de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique, mieux connu sous le nom d'ACEUM.
Ainsi, même si les tribunaux américains donnaient raison aux entreprises contestant la Section 338, les droits de douane établis en vertu de la Section 232 ne disparaîtraient pas automatiquement.
Cette distinction est essentielle pour comprendre les véritables conséquences possibles du procès.
Une victoire judiciaire pourrait réduire certaines restrictions commerciales, mais elle ne signifierait pas nécessairement la fin de tous les tarifs automobiles entre les deux pays.
Les prix des voitures au Canada pourraient-ils augmenter ?
Pour les consommateurs canadiens, la principale inquiétude concerne évidemment les prix.
À Montréal, Laval, Québec, Toronto ou Vancouver, l'achat d'une voiture représente déjà une dépense importante. Les tensions commerciales pourraient ajouter de nouvelles pressions sur les coûts de certains véhicules.
Lorsqu'un constructeur doit payer davantage pour importer des composants ou des véhicules assemblés à l'étranger, plusieurs possibilités se présentent.
Il peut décider d'absorber les coûts supplémentaires afin de conserver ses clients. Il peut également réorganiser ses approvisionnements ou transférer une partie de ces dépenses au consommateur.
Prenons un exemple : si la fabrication ou l'importation d'un véhicule devient plus coûteuse de 2 000 dollars, le constructeur pourrait décider de répercuter une partie de cette augmentation sur son prix de vente.
Toutefois, les conséquences varient considérablement d'un modèle à l'autre.
Le pays d'assemblage, l'origine des pièces, les règles commerciales applicables et les stratégies tarifaires des fabricants jouent tous un rôle.
Il serait donc incorrect d'affirmer que tous les véhicules vendus au Canada subiront automatiquement une augmentation identique.
Montréal et Laval : quel impact pour les automobilistes québécois ?
Au Québec, les conséquences d'une guerre commerciale automobile pourraient se manifester de différentes façons.
Un automobiliste montréalais souhaitant acheter un VUS familial, une berline hybride ou une camionnette peut choisir parmi des modèles produits au Canada, aux États-Unis, au Mexique ou ailleurs.
Or, ces véhicules ne sont pas nécessairement soumis aux mêmes conditions d'importation.
Les constructeurs ayant fortement intégré leurs activités nord-américaines pourraient rencontrer des difficultés particulières lorsque les règles commerciales changent rapidement.
Les concessionnaires, quant à eux, doivent composer avec les décisions de prix des constructeurs, les coûts de transport, les stocks disponibles et les conditions de financement.
Le marché des voitures d'occasion pourrait également être influencé indirectement.
Si certains véhicules neufs deviennent moins accessibles financièrement, davantage de consommateurs pourraient se tourner vers les modèles usagés, augmentant ainsi la demande.
Cela ne signifie toutefois pas qu'une hausse des prix est inévitable. Plusieurs facteurs, dont le taux de change du dollar canadien, la concurrence et l'évolution des stocks, continueront d'influencer le marché.
Ford, GM, Stellantis et Toyota : des constructeurs sous pression
Les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada représentent un défi pour les grands constructeurs automobiles.
Ford, General Motors et Stellantis exploitent des réseaux industriels qui s'étendent sur plusieurs pays d'Amérique du Nord.
Toyota et Honda possèdent également d'importantes activités de production au Canada.
Ces entreprises bénéficient depuis longtemps d'un marché intégré permettant de répartir les activités d'assemblage et de fabrication de pièces entre différents territoires.
Cependant, la multiplication des droits de douane peut modifier l'équilibre économique de cette organisation.
Les constructeurs doivent alors prendre en compte les nouvelles barrières commerciales lorsqu'ils planifient leurs investissements, leurs approvisionnements et leurs futurs modèles.
Pour le Canada, l'enjeu est particulièrement important.
L'industrie automobile soutient des dizaines de milliers d'emplois directs et représente une composante majeure des exportations manufacturières canadiennes.
Une détérioration prolongée des relations commerciales pourrait donc affecter bien davantage que les prix affichés dans les concessions.
Le Canada pourrait-il bénéficier d'une victoire judiciaire contre les tarifs américains ?
Si les tribunaux américains jugeaient que l'administration Trump a outrepassé ses pouvoirs en utilisant la Section 338, certaines mesures douanières pourraient être annulées ou suspendues.
Une telle décision pourrait alléger les coûts supportés par les entreprises touchées et contribuer à réduire certaines tensions commerciales.
Pour les industriels canadiens, cela pourrait représenter un signal positif.
Cependant, plusieurs incertitudes demeurent.
Une éventuelle décision judiciaire pourrait faire l'objet d'un appel. Son application dépendrait également de la portée exacte du jugement.
De plus, Washington pourrait maintenir d'autres droits de douane fondés sur des dispositions législatives différentes.
La disparition éventuelle des tarifs contestés ne garantirait donc ni un retour immédiat à une situation commerciale sans restrictions ni une baisse automatique du prix des automobiles au Canada.
Faut-il attendre avant d'acheter une voiture neuve au Canada ?
Pour un consommateur qui envisage actuellement l'achat d'un véhicule, il peut être tentant de reporter sa décision dans l'espoir d'une réduction prochaine des tarifs.
Pourtant, l'issue de la contestation judiciaire demeure incertaine.
Le prix d'une voiture dépend de nombreux paramètres qui ne sont pas directement liés aux droits de douane : taux d'intérêt, promotions des constructeurs, taux de change, coûts de financement, transport et disponibilité des modèles.
Un acheteur québécois a donc intérêt à comparer les offres de plusieurs concessionnaires, à demander le prix total du véhicule et à examiner les différentes solutions de financement.
Il peut également être utile de vérifier le lieu d'assemblage d'un modèle, sans supposer que cette seule information détermine son traitement douanier.
L'évolution du conflit commercial mérite d'être surveillée, mais elle ne devrait pas constituer l'unique critère d'une décision d'achat automobile.
Section 338 : quels scénarios pour les prochains mois ?
Plusieurs évolutions sont envisageables dans cette affaire.
Dans un premier scénario, les tribunaux pourraient donner raison aux entreprises contestant les nouveaux droits de douane. Certaines mesures pourraient alors être suspendues ou invalidées.
Dans un deuxième scénario, la justice pourrait confirmer la légalité du recours à la Section 338, permettant le maintien des tarifs concernés.
Enfin, une décision intermédiaire pourrait limiter certaines modalités d'application sans remettre en cause l'ensemble du dispositif.
Quelle que soit l'issue du procès, les relations commerciales automobiles entre le Canada et les États-Unis continueront d'être influencées par d'autres mesures tarifaires et par les négociations économiques entre les deux gouvernements.
Pour les constructeurs, la prévisibilité des règles commerciales demeure un facteur essentiel dans les décisions industrielles.
Conclusion : un procès américain qui mérite l'attention des automobilistes canadiens
La contestation de la Section 338 du Tariff Act marque une nouvelle étape dans les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis.
Même si le recours du 20 octobre 2026 a été engagé par une entreprise spécialisée dans l'importation alimentaire, son contexte dépasse largement ce secteur.
L'industrie automobile canadienne, fortement dépendante des échanges transfrontaliers, reste particulièrement sensible aux décisions économiques prises à Washington.
Pour les consommateurs de Montréal, Laval, Toronto et du reste du pays, les conséquences éventuelles pourraient se traduire par des changements dans les coûts de production, la disponibilité de certains modèles ou les stratégies commerciales des constructeurs.
Il serait néanmoins prématuré d'annoncer une diminution ou une augmentation généralisée des prix automobiles à la suite de cette procédure.
Une question reste donc ouverte : la contestation de la Section 338 permettra-t-elle d'apaiser les tensions commerciales, ou l'industrie automobile nord-américaine devra-t-elle continuer à s'adapter à un environnement tarifaire incertain ?
Questions fréquentes sur la Section 338 et l'automobile au Canada
Qu'est-ce que le Section 338 Tariff Act Challenge ?
Il s'agit d'une contestation judiciaire visant l'utilisation de la Section 338 du Tariff Act de 1930 par l'administration américaine pour imposer des droits de douane supplémentaires sur certains produits canadiens.
Pourquoi les tarifs américains sont-ils contestés ?
Les plaignants soutiennent que l'administration Trump a dépassé les pouvoirs que lui accorde la législation américaine en utilisant cette disposition pour établir de nouveaux tarifs.
Les droits de douane automobiles américains pourraient-ils disparaître ?
Une éventuelle annulation des tarifs fondés sur la Section 338 ne supprimerait pas automatiquement les droits automobiles appliqués en vertu de la Section 232.
Les voitures vont-elles devenir moins chères au Canada ?
Aucune baisse générale des prix ne peut être garantie. Les prix automobiles dépendent notamment des coûts de production, des taux de change, des conditions de financement et des stratégies commerciales des constructeurs.
Quels constructeurs pourraient être concernés ?
Ford, General Motors, Stellantis, Toyota et Honda figurent parmi les constructeurs disposant d'importantes activités industrielles en Amérique du Nord. Les conséquences précises dépendront des mesures tarifaires applicables à chaque entreprise et à ses produits.
Pourquoi cette affaire est-elle importante pour le Québec ?
Le Québec entretient d'importantes relations économiques avec le reste de l'Amérique du Nord. Les changements affectant les chaînes d'approvisionnement automobiles peuvent influencer certains fournisseurs, concessionnaires et consommateurs québécois.

